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Perturbateurs dans le secteur de la construction : à quoi s’attendre en 2018

Les nouveaux matériaux, les nouvelles méthodes de construction et les systèmes robotisés de conception-construction ont le potentiel de changer considérablement les techniques de construction traditionnelles. En fait, il y a eu des avancées majeures ces dernières années, et 2017 n’a pas fait exception. Il ne fait donc aucun doute que les perturbateurs numériques prennent de l’ampleur dans le secteur de la construction.

Même si la modernisation du secteur de la construction ne sera pas facile, il devient de plus en plus difficile d’ignorer les résultats enregistrés par d’autres secteurs ayant adopté de nouvelles technologies. Vous vous demandez ce qui attend le secteur de la construction dans l’année à venir? Voici quelques observations des difficultés, des occasions et des tendances actuelles.

Tendances et difficultés dans le secteur de la construction

Lorsqu’on parle de numérisation et d’innovation technologique, le secteur de la construction semble afficher un grand retard. Toutefois, plusieurs raisons expliquent ce décalage, par exemple, une mauvaise planification des projets, un manque d’investissements dans de nouveaux outils et dans la formation, et peu d’incitatifs à l’innovation. La bonne nouvelle est qu’il existe encore de nombreuses possibilités de croître, et certaines tendances nous montrent où cette croissance devrait se produire.

Résilience : En raison de la suite de tempêtes importantes, d’incendies et d’autres catastrophes naturelles survenues en 2017, davantage d’entreprises de construction pourraient commencer à se concentrer davantage sur la durabilité et la longévité plutôt que sur la conception et l’esthétique (ou du moins, jumeler tous ces aspects). Aux États-Unis, on estime que l’ensemble des dommages causés aux structures en 2017 a atteint 300 milliards de dollars – et plusieurs croient que le total serait plus près de 400 milliards de dollars. Cela dit, la tendance générale en construction pourrait bien être de se diriger vers les matériaux résistant aux catastrophes naturelles, les structures adaptatives et les infrastructures intelligentes (comme les rues surélevées dans les zones sujettes aux inondations).

Moins de main-d’œuvre : Le secteur de la construction a encore besoin d’une main-d’œuvre qualifiée, et puisqu’il y a plus de travailleurs qui partent à la retraite que de jeunes qui montrent de l’intérêt pour le secteur, la situation n’est pas près de changer. Elle pourrait même être pire qu’il n’y paraît en raison de l’annonce récente de la faillite de l’entreprise de construction britannique Carillion, laquelle pourrait mener à la perte de milliers d’emplois. Par conséquent, les sociétés de construction ont maintenant plus que jamais une bonne raison d’adopter la tendance majeure suivante, laquelle s’est déjà taillé une place importante.

Technologie et automatisation : L’utilisation d’appareils plus sophistiqués et l’application judicieuse de solutions automatisées peuvent alléger une partie du fardeau créé par la diminution de la main-d’œuvre, surtout si cela donne l’occasion aux employés d’occuper des postes moins dangereux et plus novateurs. Les nouvelles technologies ont déjà changé les processus de construction, de la numérisation des étapes de planification jusqu’à l’installation robotisée, et nous pouvons nous attendre à d’autres changements dans un avenir rapproché.

Aux États-Unis, l’ensemble des dommages causés aux structures en 2017 a atteint 300 milliards de dollars – et plusieurs personnes croient que le total serait plus près de 400 milliards de dollars.

Les perturbateurs numériques gagnent du terrain

Que ce soit pour assurer la sécurité des travailleurs ou gérer les problèmes liés à l’efficacité et à l’environnement, plusieurs facteurs motivent l’adoption de mesures numériques dans le secteur de la construction. Bien que plusieurs technologies soient utilisées, deux sont particulièrement bien ancrées dans le secteur actuellement :

Robotique

Une toute nouvelle approche pour réaliser les travaux de construction est sur le point d’être adoptée, et les systèmes robotisés sont à la tête de cette révolution. Les services de construction continuent d’être populaires, mais puisque la pénurie de main-d’œuvre qualifiée persiste et que les technologies progressent, les systèmes robotisés sont mis à profit de façon novatrice.

La robotique et les technologies sont utilisées pour construire des structures plus rapidement, à moindre coût et de façon plus sécuritaire qu’avec les méthodes traditionnelles. Récemment, une équipe de recherche de l’Université Carnegie Mellon a développé un robot pour attacher les barres d’armature sur les ponts – une tâche reconnue depuis longtemps comment étant difficile et complexe à exécuter par des mains humaines. La progression d’autres technologies, comme l’impression 3D, est en train de changer la nature du processus de construction en tant que tel, de la conception aux matériaux jusqu’à l’installation.

Tandis que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée persiste et que les technologies progressent, les systèmes robotisés sont mis à profit de façon novatrice.

Impression 3D

Différents matériaux sont utilisés pour l’impression 3D dans le secteur de la construction. Toutefois, le béton continue d’être le matériau de choix puisqu’il peut prendre plusieurs formes et ne produit aucun déchet, et qu’il est possible de s’en procurer localement. En Chine, par exemple, une entreprise a réussi à construire une maison en béton de 1 115 m2 (12 000 pi2) en préfabriquant des pièces à l’aide d’une imprimante 3D. Les imprimantes sont programmées pour produire différentes formes à l’aide d’un mélange de béton, lesquelles seront ensuite assemblées pour former l’immeuble.

En 2014, alors que tous croyaient initialement à un canular, l’entreprise chinoise Winsun Decoration a réussi à construire le plus grand immeuble au monde grâce à une imprimante 3D. Cet immeuble de cinq étages, ainsi qu’une villa de 1 110 m2, ont été entièrement construits à partir de pièces de béton recyclé fabriquées préalablement au moyen d’une imprimante 3D mesurant 6,6 m de long, 10 m de large et 40 m de haut et assemblées directement sur le chantier de construction. La même entreprise s’est plus récemment lancée dans la construction d’abribus et de toilettes publiques, démontrant que cette nouvelle technologie d’impression pourrait changer considérablement le paysage de nos villes.

Différents cabinets d’ingénieurs aux quatre coins du monde ont également utilisé les technologies de conception robotisée et l’impression 3D pour créer des structures modulaires. Une entreprise de technologies située à Amsterdam tente de construire le premier pont en métal grâce à une imprimante 3D, et une entreprise de Dubaï souhaite que 25 % de tous les nouveaux immeubles soient construits grâce à l’impression 3D d’ici 2030.

Une nouvelle façon d’utiliser les matériaux traditionnels

De nouveaux matériaux sont mis sur le marché chaque jour, mais les entrepreneurs adoptent aussi de nouvelles façons d’utiliser les matériaux traditionnels.

David Kalashnikov, directeur, Souscription, Construction et entrepreneurs à Northbridge Assurance dans la région de l’Ouest, fait remarquer que les entrepreneurs commencent à délaisser les matériaux traditionnels résistant au feu comme le béton et l’acier dans la construction d’immeubles de grande hauteur au profit de matériaux fabriqués grâce à des technologies de pointe. En 2016, Northbridge a assuré la construction d’un immeuble de 18 étages, dont la charpente était en bois, sur le campus de l’Université de la Colombie-Britannique et dont la valeur atteignait 50 millions de dollars, une première en son genre au Canada. Ce projet a fait appel à un nouveau matériau nommé bois lamellé-croisé.

Pour cet immeuble de 18 étages, l’entreprise de construction a utilisé des structures de plancher en bois lamellé-croisé supportées par des colonnes de bois lamellé-collé. De plus, le revêtement mural de l’immeuble était composé de 70 % de fibre de bois. Bon nombre des pièces ont été fabriquées dans une usine à l’extérieur du chantier, puis transportées et assemblées sur le site du campus.

Bien entendu, les nouvelles méthodes et les nouveaux matériaux comportent également leur lot d’obstacles. Dans un secteur qui est exposé à de nombreux risques chaque jour et qui doit assurer la sécurité de ses employés et de ses avoirs, l’introduction de nouvelles technologies peut aussi signifier d’adopter de nouvelles solutions d’assurance. De quelle façon, et dans quelle mesure, le secteur de l’assurance devra-t-il s’adapter à cette nouvelle réalité?

Incidence des nouvelles technologies sur le secteur de l’assurance

La production des pièces d’un immeuble dans un environnement contrôlé peut éliminer plusieurs difficultés rencontrées sur les chantiers, mentionne M. Kalashnikov. Les structures modulaires permettent de construire des bâtiments de qualité supérieure, de façon plus sécuritaire et dans un environnement contrôlé. Par conséquent, les pièces fabriquées dans une usine exigeront une catégorie d’assurance différente.

« Avec la préfabrication robotisée des pièces, on peut s’attendre à ce que les projets se terminent plus rapidement et à moindre coût, explique M. Kalashnikov. L’assemblage des composantes modulaires peut être exécuté beaucoup plus rapidement avec des systèmes robotisés qu’avec des méthodes de construction traditionnelles. On estime que l’impression 3D pourrait réduire les délais de construction de 50 à 70 % et les coûts de main-d’œuvre de 50 à 80 %. »

Les assureurs devront donc revoir la façon d’analyser les risques liés à ces nouveaux produits et projets. La diminution des coûts et des délais de construction pourrait réduire la portion de primes payées pour assurer les projets de construction. De plus, plusieurs projets exigent dorénavant d’adopter une approche différente en matière d’évaluation des risques.

Vous voulez en savoir plus sur les avantages d’une assurance en construction à l’ère numérique? Consultez la page Construction et entrepreneurs ainsi que ces articles utiles.

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