Camions garés en file
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Comprendre les tendances relatives au vol de marchandises au CanadaTemps de lecture 8 minutes

Les voleurs de marchandises, qui sévissent partout au Canada et ciblent diverses catégories de produits, ont subi les effets de la pandémie de différentes façons, qu’il s’agisse de la nature des marchandises volées, du lieu des méfaits ou de la manière dont ces marchandises sont vendues.

Alors, pourquoi y a-t-il autant de vols de marchandises au Canada et en quoi les choses ont-elles changé? Depuis la publication de notre dernière mise à jour sur le vol de marchandises, en 2018, de nouvelles tendances sont apparues. Dans les années qui ont précédé la pandémie de COVID-19, les criminels s’intéressaient aux produits de consommation qu’ils pouvaient écouler très rapidement, souvent en les revendant par l’intermédiaire de commerces locaux de vente à bas prix ou de magasins populaires.

En raison de la pandémie de COVID-19, les produits ciblés et les méthodes ont changé. La fermeture des frontières et les mesures de confinement instaurées pour freiner la propagation du virus ont contribué à ralentir les activités criminelles, mais sans les éliminer complètement. Les voleurs ont adopté une approche plus calculée et se concentrent sur les marchandises qui sont recherchées sur le marché et qu’ils peuvent vendre rapidement à fort prix.

Afin de vous aider à mieux comprendre comment vos risques ont changé, nous avons rencontré Garry Robertson, directeur principal de l’Unité spéciale d’enquête de notre Service de l’indemnisation, pour qu’il nous explique ce qui alimente les tendances actuelles en matière de vol de marchandises à l’échelle canadienne.

Avant la pandémie de COVID-19

« Les tendances que nous avions décelées en 2017, en 2018 et en 2019 étaient assez uniformes d’un océan à l’autre, nous apprend Garry Robertson, directeur principal de l’Unité spéciale d’enquête du Service de l’indemnisation de Northbridge Assurance ». Le vol de marchandises était courant, et les criminels visaient les produits dont ils pouvaient se débarrasser très rapidement.

Dans le viseur : les centres urbains

La région du Grand Toronto était un terrain de prédilection pour les voleurs de marchandises et l’est encore. Des villes comme Mississauga, Milton, Brampton et Toronto font partie des principaux carrefours de camionnage en Amérique du Nord et sont reliées par de grands axes routiers est-ouest et nord-sud. Cette configuration unique permet d’acheminer les marchandises en peu de temps vers les villes voisines, où les cargaisons peuvent être démantelées, puis revendues.

Attrait des cargaisons mixtes

Les cargaisons mixtes se sont souvent retrouvées dans le haut de la liste des produits volés : comme elles peuvent être divisées, les voleurs peuvent vendre les articles plus rapidement et plus facilement aux commerces locaux. Sur la côte ouest, les camions transportant du bœuf et du bois de construction étaient populaires auprès des voleurs. Dans l’est de l’Ontario et dans l’ouest du Québec, le métal était recherché, notamment le nickel, le cuivre et l’acier. Dans la région de l’Atlantique, on voyait souvent des vols de cargaisons de crabe.

« Il y avait une diversité de produits volés – de l’huile à friture, du poulet, du bœuf, des véhicules récréatifs, bref, il y avait de tout. Avant la pandémie, le marché était fluide, ce qui facilitait le déplacement et l’écoulement très rapides des produits », explique Garry Robertson.

À partir de la fin de 2019 jusqu’au début de la pandémie, en 2020, il y a eu un léger repli des vols de marchandises à l’échelle nationale.

Comprendre l’effet de la pandémie de COVID-19

La baisse du nombre de vols de marchandises au début de la pandémie était attribuable au resserrement des restrictions mises en place à la frontière par les États-Unis et le Canada dans le but de freiner la propagation du virus. En outre, puisque les porte-conteneurs se faisaient rares, les criminels n’avaient plus d’endroits où charger les articles volés. « De nombreux réseaux de distribution de marchandises volées ont été mis sur la glace dans les premiers jours de la pandémie, de sorte que les criminels n’avaient plus d’issues pour vendre leur butin », selon Gary Robertson.

Par ailleurs, certains produits sont soudainement devenus plus faciles à voler durant le confinement, par exemple l’équipement lourd sur les chantiers de construction. « Ces engins se trouvaient souvent à la vue et pas nécessairement aussi sécurisés qu’ils auraient dû l’être, car les projets avaient été interrompus abruptement », rappelle-t-il.

La livraison juste-à-temps

En réponse à la demande accrue pour certains produits, bon nombre de transporteurs ont commencé à recourir à la livraison juste-à-temps, ce qui permettait d’éviter que les cargaisons soient entreposées pendant de longues périodes entre les livraisons. « La vitesse à laquelle les étagères se vidaient dépassait la capacité de restockage des commerces, souligne Gary Robertson, ce qui forçait les transporteurs à accélérer l’acheminement des produits ».

Habituellement, il y a un moment où les cargaisons se retrouvent en transit entre le point de départ et la destination, et les criminels en profitent. Toutefois, durant la pandémie, c’est arrivé moins souvent.

« La livraison juste-à-temps existe depuis les années 1980, affirme Scott Creighton, directeur principal du Service de prévention de Northbridge Assurance. Mais durant la pandémie, les gens achetaient les produits dès qu’ils arrivaient sur les étagères, et c’était bon pour les transporteurs, parce qu’ils n’avaient pas à se soucier d’avoir des marchandises immobiles dans leur cour ou en transit pendant la nuit. »

Marché sous surveillance

Au moment où la demande pour les biens de consommation comme le papier de toilette, les produits d’hygiène personnelle et l’EPI s’est accentuée, au début de la pandémie, bon nombre de criminels ont commencé à cibler ces marchandises. « Ce que nous en concluons, c’est que les voleurs surveillent le marché afin de déterminer quels articles sont les plus populaires et quels sont ceux qu’ils peuvent revendre rapidement à un prix élevé, souligne Gary Robertson. Ils comprennent l’importance de l’offre et de la demande. » Ces derniers mois, le bois de construction a aussi été populaire auprès des criminels, à cause des pénuries et de l’explosion des prix.

Fermeture des magasins situés dans des bâtiments permanents

Bon nombre de magasins et de marchés aux puces au Canada ont fermé leurs portes durant le confinement, ce qui a aussi fait ralentir l’activité criminelle. « Par conséquent, les voleurs ont dû décider s’ils voulaient entreposer les marchandises pendant peut-être des mois avant de pouvoir les vendre, explique Gary Robertson. Il y a eu des cas où nous avons récupéré une cargaison qui avait été volée au début de la pandémie : les voleurs n’avaient pas pu écouler les marchandises, alors ils ont fini par les abandonner. » Comme il était impossible de déplacer les produits volés d’un côté à l’autre de la frontière, bon nombre de ces produits ont été vendus localement dans les premiers temps de la pandémie.

Tendances postpandémie

La réouverture des frontières et des économies entraînera probablement une intensification constante du vol de marchandises et le retour de nombreuses tendances antérieures à la pandémie de COVID-19. Certains produits qui ne font pas l’objet d’une livraison juste-à-temps, comme les pneus d’hiver en prélivraison à la fin de l’été, deviennent des cibles attrayantes. Il est fort probable que ces cargaisons restent entreposées dans des cours avant d’être vendues à l’hiver.

Les biens de consommation ou à usage récréatif qui sont très recherchés, comme les vélos, la ferraille et les spas, continueront vraisemblablement d’attirer les voleurs. Postpandémie, les cargaisons mixtes font partie des cibles les plus courantes des criminels. « En fin de compte, les tendances dépendent de l’offre et de la demande, et elles peuvent changer très souvent. Par exemple, si son prix vient à augmenter, c’est la ferraille qui sera visée », précise Gary Robertson.

Voici une liste des produits que l’on trouve le plus souvent dans les cargaisons volées :

  • Produits d’hygiène personnelle
  • Métaux
  • Pièces d’automobiles et pneus
  • Produits d’épicerie non périssables

Protégez votre entreprise grâce aux conseils de nos experts

Au fur et à mesure qu’évoluent les tendances relatives au vol de marchandises au Canada, il est important de vous garder à jour afin que votre entreprise puisse se prémunir contre cette menace. Assurez-vous de mettre en œuvre les bonnes mesures de prévention pour accroître la protection de votre entreprise. Notre Service de prévention peut vous guider dans votre planification et formuler des recommandations en fonction des pratiques exemplaires dans votre secteur d’activité. Pour en savoir plus, visitez notre page consacrée à la gestion des risques dès aujourd’hui!

Le présent billet est fourni uniquement à titre informatif et ne vise pas à remplacer les conseils de professionnels. Nous ne faisons aucune assertion et n’offrons aucune garantie relativement à l’exactitude ou à l’intégralité des renseignements contenus dans le présent document. Nous ne pourrons en aucun cas être tenus responsables des pertes pouvant découler de l’utilisation de ces renseignements.
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